Vous avez déjà passé des heures à bidouiller des câbles audio pour que chaque instrument arrive à temps et sans bruit sur la console. Et puis, un jour, on vous parle de Dante ou d’AVB comme si c’était la solution miracle. Vous vous demandez : « dante vs avb, c’est vraiment différent pour mon spectacle ? »
En pratique, la différence la plus palpable, c’est la façon dont chaque protocole gère la synchronisation et la latence. AVB (Audio Video Bridging) s’appuie sur le gPTP (IEEE 802.1AS) pour réserver de la bande passante et garantir une latence de 2 ms (classe A) ou 50 ms (classe B) et résultat : vos amplis restent parfaitement alignés même quand le réseau est chargé.
Dante, de son côté, utilise le PTPv1 et offre une latence très basse, souvent entre 150 µs et 1 ms. Le point faible ? Pas de réservation native de bande passante, donc en cas de congestion, vous pouvez voir des « glitches » inattendus.
Imaginez un concert de rock où le batteur utilise un trigger sur chaque coup de caisse claire. Avec AVB, le signal arrive toujours au même instant, même si le réseau transporte simultanément du vidéo HD pour l’écran géant. Avec Dante, tant que le réseau n’est pas saturé, vous avez l’avantage de la latence ultra‑faible, mais dès qu’un technicien branche un appareil non‑prioritaire, le timing peut se décaler.
Voici trois actions concrètes que vous pouvez mettre en place dès maintenant :
- Vérifiez que tous les switchs de votre salle supportent IEEE 802.1Qav (QoS strict) si vous choisissez AVB.
- Configurez le maître d’horloge sur le dispositif le plus stable (souvent la console ou le serveur Dante).
- Testez la latence avec un simple clic‑track avant chaque répète : mesurez le délai entre le déclencheur et le son à l’enceinte.
Dans notre expérience, les salles qui utilisent à la fois AVB pour la partie vidéo et Dante pour l’audio critique obtiennent le meilleur compromis. Vous pouvez visualiser et planifier ces configurations grâce à des outils de visite virtuelle qui associent photos de la salle à vos schémas techniques.
Pour aller plus loin, notre Guide complet du stage plot maker : créez vos plans de scène facilement vous montre comment intégrer les flux Dante ou AVB directement sur votre plan de scène, afin que chaque technicien sache où placer les switchs et les appareils.
En résumé, choisissez AVB si la stabilité de la synchronisation est votre priorité absolue, et Dante si vous avez besoin de la latence la plus courte possible et d’une configuration plus souple. Vous avez maintenant les clefs pour décider quel protocole convient le mieux à votre prochain show.
TL;DR
En bref, Dante offre une latence ultra‑faible (150 µs‑1 ms) idéale pour les signaux critiques, tandis qu’AVB garantit une synchronisation précise grâce à la QoS stricte et des délais garantis de 2 ms (classe A) ou 50 ms (classe B).
Choisissez AVB si la stabilité de la synchronisation est votre priorité absolue, ou Dante si vous avez besoin de la latence la plus courte et d’une configuration plus souple pour vos spectacles live.
Architecture et fonctionnement de Dante
Vous vous rappelez de la première fois où vous avez vu un diagramme Dante dans une salle de spectacle ? C’est un peu comme ouvrir le capot d’une voiture de course : tout semble complexe, mais chaque pièce a sa place. Et si on décortiquait ensemble ce qui se passe réellement sous le capot du réseau audio ?
Dante repose sur du Ethernet standard, mais il utilise le multicast IP pour diffuser les flux audio. Chaque appareil envoie ses paquets sur une adresse MAC spéciale, ce qui permet à plusieurs récepteurs d’écouter le même flux sans que chaque paquet soit dupliqué à la source. En pratique, cela signifie que vous pouvez brancher dix consoles à un même switch et que chaque enceinte recevra exactement le même signal, sans surcharge inutile.
Structure du réseau Dante
Le cœur du système est le Dante Controller, une appli qui découvre automatiquement chaque appareil via le protocole mDNS. Vous n’avez plus besoin de configurer manuellement des adresses IP : le logiciel crée une carte visuelle du réseau, vous montre quels ports sont libres et vous permet de router les canaux par glisser‑déposer. Cette découverte instantanée est ce qui rend Dante si flexible pour les tournées où les câbles changent d’une salle à l’autre.
Sur le plan matériel, les switches doivent supporter le VLAN 802.1Q et idéalement la QoS (Quality of Service). Même si Dante ne réserve pas de bande passante comme le fait AVB, la priorité QoS garantit que les paquets audio passent avant le trafic de données ordinaire, limitant les risques de « glitches » lorsqu’un technicien branche un laptop supplémentaire.
Gestion de l’horloge et synchronisation
La synchronisation est le nerf de la guerre : sans elle, vos enceintes ne seront jamais alignées. Dante utilise le protocole PTPv1 (Precision Time Protocol) pour désigner un maître d’horloge – souvent la console ou le serveur Dante le plus stable. Tous les appareils ajustent alors leur horloge interne à quelques microsecondes près, ce qui explique la latence ultra‑faible de 150 µs à 1 ms que vous avez pu mesurer sur scène.
Ce qui est intéressant, c’est que le maître d’horloge peut être changé à la volée via le Dante Controller. Si votre console plante, le réseau élit automatiquement le prochain appareil le plus stable, et le flux continue sans que le musicien ne remarque la transition.
Redondance et fiabilité
Dans les environnements live, la tolérance aux pannes est cruciale. Dante propose la fonctionnalité « Primary/Backup » : chaque flux peut être envoyé sur deux chemins différents. Si un switch ou un câble tombe, les récepteurs basculent instantanément sur le flux de secours. Le basculement est transparent, car les paquets restent synchronisés grâce au même horloge maître.
Cette redondance se combine bien avec les outils de visite virtuelle de Cinod : vous pouvez mapper vos chemins de câble directement sur le plan 360° de la salle, annoter les points critiques et vérifier que chaque segment possède une voie de secours avant même le jour J.
En pratique, on utilise souvent le guide Comment créer un stage plot efficace pour vos concerts pour planifier où placer les switches, les consoles et les points d’alimentation, afin que la topologie Dante soit claire pour toute l’équipe technique.
Voici une courte démonstration vidéo qui montre comment configurer un routage simple dans Dante Controller :
Après avoir vu la vidéo, vous avez peut-être remarqué que chaque étape de routing se fait en quelques clics, mais il faut toujours vérifier le statut du maître d’horloge. Un petit test de clic‑track avant chaque répétition vous évitera des surprises le soir du spectacle.

Pour aller plus loin, jetez un œil à ce guide complet sur l’authentification des produits de luxe : How to Authenticate Prada Nylon Bag. Bien que cela ne concerne pas directement l’audio, la rigueur de la vérification produit vous rappelle l’importance de valider chaque composant de votre chaîne de signal, du câble aux firmware.
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Architecture et fonctionnement d’AVB
Imagine que tu sois en pleine répétition et que chaque fois que le batteur tape sur la caisse claire, le son arrive exactement au même instant dans les enceintes front‑of‑house et sur le monitoring scène. C’est ce que promet AVB grâce à une synchronisation ultra‑précise et à une gestion de la bande passante qui ne laisse aucune place aux “glitches”.
Le cœur d’AVB, c’est le protocole gPTP (IEEE 802.1AS). En pratique, chaque appareil – console, ampli, switch – se met d’accord sur une horloge commune, un peu comme une chorale qui suit le même métronome. Cette horloge maître n’est pas une boîte noire : elle est définie dans la spécification AVB et assure que toutes les trames audio arrivent dans le même créneau temporel. Découvre les détails techniques du gPTP sur le site IEEE.
Réservation de bande passante et QoS
AVB ne se contente pas de synchroniser, il réserve la bande passante nécessaire grâce au Stream Reservation Protocol (SRP). En d’autres termes, le réseau « garde une place » pour chaque flux audio, ce qui empêche les paquets vidéo ou de données de le bousculer. Cette réservation garantit deux classes de latence : classe A (≈ 2 ms) et classe B (≈ 50 ms). Pour un technicien son, cela signifie que même si le même câble transporte un signal vidéo 4K, ton mix reste stable.
Topologie typique d’un réseau AVB
Dans une salle de concert, on retrouve généralement un switch de cœur compatible IEEE 802.1Qav, puis des switches de distribution qui connectent chaque point d’entrée audio. Chaque appareil possède un port primaire (pour le trafic AVB) et, si le fabricant le propose, un port secondaire pour du trafic « best‑effort ». Le secret, c’est de garder les flux critiques sur le réseau AVB et de laisser le reste (Wi‑Fi, contrôles lumière) sur un VLAN séparé.
Une bonne pratique que l’on voit souvent chez nos clients : placer le maître d’horloge sur la console ou sur un serveur dédié qui ne subit jamais de redémarrage pendant le show. Ainsi, même si un technicien branche accidentellement un appareil non‑compatible, le réseau AVB continue de délivrer les flux audio sans perte.
Intégration avec les amplis et le stage plot
Si tu utilises des amplis qui supportent AVB, chaque canal audio peut être traité comme un « objet » dans ton stage plot. Grâce à la plateforme Cinod, tu peux superposer ton plan de scène à une visite virtuelle 360° et visualiser où chaque câble doit passer, tout en vérifiant que la distance ne dépasse pas les 100 m recommandés. Cette visibilité évite les surprises le jour du concert.
Et parce que la synchronisation dépend de la précision du réseau, on recommande toujours de tester la latence avec un simple clic‑track avant chaque répétition. Si le temps entre le déclencheur et le son dépasse 2 ms, c’est le moment de revérifier tes réservations SRP.
En résumé, la norme AVB (IEEE 802.1BA) définit un ensemble de profils qui facilitent la mise en œuvre d’un réseau audio‑vidéo fiable, même pour les techniciens qui ne sont pas des experts réseau. Plus d’infos sur la spécification 802.1BA montrent comment les paramètres par défaut assurent une qualité de service constante.
Alors, comment tu vas structurer ton prochain réseau ? Pense à identifier d’abord le maître d’horloge, réserve tes flux critiques, et utilise une visite virtuelle pour valider le câblage. Avec ces étapes, le “dante vs avb” devient moins un dilemme et plus une décision éclairée basée sur les exigences de latence et de stabilité de ta salle.
Comparaison de performance : latence, bande passante et fiabilité
Quand on parle de « dante vs avb », la première question qui saute aux yeux, c’est la latence. Est‑ce que tu peux vraiment entendre la différence entre 150 µs et 2 ms ? Pour la plupart des techniciens, la réponse dépend du type de show et du margin de sécurité qu’on veut garder.
Avec Dante, la latence typique se situe entre 150 µs et 1 ms, grâce au protocole PTPv1 qui synchronise tous les nœuds en quelques microsecondes. En pratique, ça veut dire que le déclencheur d’un sample sur le clavier arrive pratiquement instantanément dans les retours de scène. Mais attention : aucune réservation native de bande passante, donc si un technicien branche un appareil non‑prioritaire, le trafic supplémentaire peut faire grimper le jitter.
AVB, de son côté, garantit une latence de 2 ms (classe A) ou 50 ms (classe B) grâce au mécanisme de réservation de bande passante (SRP) et à la QoS strictes du gPTP (IEEE 802.1AS). Le plus gros avantage, c’est la prévisibilité : même si tu ajoutes un flux vidéo 4K sur le même switch, les flux audio critiques restent à leur créneau temporel réservé.
Comment ces chiffres se traduisent sur le terrain ?
Imagine un festival en plein air où le monitoring de scène doit être ultra‑rapide pour les musiciens qui jouent en live looping. Avec Dante, tu peux placer les retours à 0,3 ms de latence, ce qui élimine le décallage perceptible. En revanche, si le réseau se charge avec du streaming vidéo pour les écrans LED, tu risques de voir des micro‑glitches si tu n’as pas configuré de traffic shaping.
Dans une salle de théâtre où le son doit rester parfaitement synchronisé avec la vidéo de projection, AVB se montre plus robuste. La réservation de bande passante garde la vidéo et l’audio dans leurs propres « voies », donc même quand le serveur de projection envoie 10 Gb/s, les signaux audio restent à leurs 2 ms garantis.
Tableau de comparaison rapide
| Critère | Dante | AVB |
|---|---|---|
| Latence typique | 150 µs – 1 ms | 2 ms (classe A) – 50 ms (classe B) |
| Réservation de bande passante | Non natif (dépend du QoS du switch) | Oui, via SRP (Stream Reservation Protocol) |
| Fiabilité en réseau chargé | Dégradée si le trafic dépasse la capacité | Conservée grâce à la QoS stricte |
Ce tableau montre pourquoi le choix ne se résume pas à « latence la plus basse ». Tu dois aussi peser la capacité du réseau à rester stable quand plusieurs flux cohabitent.
Étapes concrètes pour choisir
1. Mesure tes besoins réels. Utilise un clic‑track et note le temps entre déclencheur et sortie. Si tu dépasses 2 ms, tu es déjà dans la zone où AVB brille.
2. Vérifie la compatibilité des switchs. Les switchs AVB certifiés supportent IEEE 802.1Qav et SRP. Pour Dante, privilégie des switches avec support PTP et un buffer Ethernet bas.
3. Planifie la topologie. Sépare le trafic vidéo et audio sur des VLAN différents. Dans notre expérience, placer le maître d’horloge sur la console et réserver les flux audio critiques sur AVB évite les conflits.
4. Teste en condition réelle. Avant chaque répétition, lance un test RTL (Round‑Trip Latency) avec le même nombre de canaux que le show. Le forum RME montre que, selon les réglages, la latence AVB native peut atteindre 9,7 ms, mais en ajustant le « Presentation Time Offset » on peut la faire descendre sous 5 ms.
5. Documente le résultat. Exporte le preset de ton réseau Dante ou la configuration SRP d’AVB et sauvegarde‑les dans le même dossier que ton plan de scène. Ça fait gagner un temps fou quand tu passes d’un show à l’autre.
Astuce de pro
Si tu disposes d’une visite virtuelle 360° via Cinod, superpose le plan de ton réseau et identifie les points où le trafic pourrait se croiser. Une petite marge de 1 mètre entre les câbles d’alimentation et les fibres Ethernet évite les interférences et garde la latence au plus bas.
En résumé, Dante excelle quand la latence absolue est primordiale et que le réseau reste dédié à l’audio. AVB, lui, garantit que même dans un environnement multi‑flux, l’audio ne sera jamais sacrifié. Le meilleur compromis, c’est souvent d’utiliser les deux : AVB pour la vidéo et les flux audio non critiques, Dante pour les retours de scène et les instruments où chaque micro‑seconde compte.
Pour aller plus loin dans la planification, consulte notre Light Plot Software Free : 5 Options Essentielles pour Vos Projets qui montre comment intégrer les schémas réseau directement dans le plan de lumière.
Cas d’usage typiques et industries ciblées
Quand on parle de dante vs avb, la première chose qui vient à l’esprit, c’est « quel réseau va vraiment me simplifier la vie ? ». La réponse dépend surtout du type de lieu et du flux de données que vous devez gérer.
Théâtres et salles de concert
Dans une salle de concert moyenne, les retours de scène et les micros‑instruments sont ultra‑critiques. Vous avez besoin d’une latence quasi nulle, sinon les musiciens sentent le décalage. Dante, avec ses 150 µs à 1 ms, est souvent le premier choix. En plus, le routage visuel via Dante Controller permet à un technicien de re‑router un retour en quelques clics, ce qui est un vrai gain de temps avant le show.
Mais si la même salle projette simultanément du contenu vidéo 4K sur plusieurs écrans, vous ne voulez pas que le trafic vidéo grignote la bande passante audio. C’est là qu’AVB montre tout son potentiel : le protocole gPTP réserve la bande passante audio (classe A ≈ 2 ms), assurant que le mix reste stable même quand le réseau est chargé par la vidéo.
Stades et grands événements
Imaginez un stade où des centaines de haut‑parleurs, des systèmes de sonorisation line‑array et des écrans LED fonctionnent en même temps. La topologie devient très dense et le risque de congestion monte en flèche. AVB, grâce à son Stream Reservation Protocol, garantit que chaque flux audio critique conserve sa priorité, même quand le réseau transporte plusieurs flux de données de billetterie, Wi‑Fi et vidéo.
En pratique, de nombreux organisateurs de tournées combinent les deux : le monitoring des musiciens reste sur Dante pour la latence ultra‑faible, tandis que les feeds vidéo et les flux de signalisation sont mis sur AVB. Cette approche hybride minimise les points de défaillance et permet de réutiliser les switchs déjà certifiés AVB.
Studios d’enregistrement et post‑production
Dans un studio, la fidélité du son est primordiale, mais la flexibilité du routage l’est tout autant. Vous avez souvent besoin de connecter des consoles, des interfaces, des moniteurs et des enregistreurs, parfois répartis sur plusieurs pièces. Dante excelle ici : il tourne sur le même câblage Ethernet que votre réseau informatique, et grâce aux adaptateurs AVIO vous pouvez même brancher du matériel analogique sans perdre la précision d’échantillonnage.
Un article de Sweetwater explique comment Dante simplifie le transport audio sur de longues distances, notamment en éliminant la détérioration du signal et en offrant un plug‑and‑play quasi instantané. Cette simplicité évite au technicien de passer des heures à vérifier chaque câble, ce qui est un vrai plus lors d’une session d’enregistrement marathon.
Broadcast, sport et médias en direct
Les grandes productions sportives, comme le centre numérique d’ESPN, ont besoin d’un réseau capable de transporter à la fois audio et vidéo avec une synchronisation garantie. Le cas d’étude d’ESPN montre que l’implémentation d’un réseau AVB/TSN a permis de gérer des dizaines de milliers de signaux en temps réel, tout en assurant que l’audio ne subisse aucune perte de qualité même en présence de flux vidéo 8K.
Vous pouvez lire plus en détail sur ce projet dans le rapport d’étude d’ESPN. Ce type d’infrastructure est typique des diffuseurs qui veulent un réseau « tout‑en‑un », mais qui ne sont pas prêts à sacrifier la précision audio au profit de la bande passante vidéo.
Conseils pratiques pour choisir le bon protocole
1️⃣ Identifiez d’abord le flux qui ne peut pas tolérer le moindre jitter : retours de scène, déclencheurs MIDI, ou monitoring ? Si oui, misez sur Dante.
2️⃣ Si votre installation comporte déjà des switchs certifiés AVB et que vous devez gérer de la vidéo en même temps, planifiez les flux audio critiques en classe A AVB.
3️⃣ Pensez à la redondance : Dante propose un port secondaire automatique, alors qu’AVB repose sur la QoS du switch. Dans les environnements où la perte d’un seul câble est inacceptable, la double‑architecture (Dante + AVB) est souvent la plus sûre.
En résumé, chaque secteur a son « sweet spot » : les concerts live privilégient la latence ultra‑faible de Dante, les événements multimédia optent pour la réservation de bande passante d’AVB, et les studios profitent de la flexibilité et de la qualité de Dante. En combinant les deux, vous obtenez le meilleur des deux mondes et vous vous assurez que votre réseau reste robuste, peu importe la charge.
Guide d’implémentation : choisir entre Dante et AVB
Vous êtes au cœur d’une décision qui va influencer chaque micro‑seconde de votre show. Vous avez déjà vu les tableaux de latence, les classes de QoS, les ports secondaires… Mais comment transformer tout ça en une configuration qui marche réellement le jour J ?
1. Posez les bons diagnostics avant de toucher aux câbles
Commencez par lister les flux qui ne tolèrent absolument aucun jitter : retours de scène, déclencheurs MIDI, monitoring des musiciens. Si l’un de ces éléments doit être ultra‑réactif, notez‑le comme « critique ». Ensuite, identifiez les flux qui peuvent partager la bande passante – par exemple la vidéo 4K d’un écran LED ou les données de contrôle d’éclairage.
Un petit test simple : lancez un click‑track, mesurez le temps entre le déclencheur et le son à l’enceinte. Si vous dépassez 2 ms, vous êtes déjà dans le territoire où AVB montre sa force.
2. Choisissez le maître d’horloge et placez‑le stratégiquement
Sur Dante, le maître d’horloge se trouve généralement sur la console ou le serveur qui reste allumé toute la durée du spectacle. Sur AVB, c’est le dispositif qui implémente gPTP ; on le place souvent sur le switch de cœur pour qu’il puisse diffuser le timing à chaque nœud.
En pratique, chez Cinod on a vu des salles de théâtre installer le maître sur un petit PC dédié, isolé du réseau de contrôle lumière. Ça évite que le redémarrage d’un projecteur ne fasse basculer tout le réseau audio.
3. Définissez la topologie et les VLAN
La règle d’or : séparez le trafic audio critique du reste. Créez un VLAN « audio‑critical » où seuls les flux Dante (ou les flux AVB classe A) circulent. Un deuxième VLAN peut accueillir la vidéo, le Wi‑Fi, la billetterie… Ainsi, même si le réseau vidéo sature, le VLAN audio conserve sa bande passante réservée.
Sur un réseau AVB, assurez‑vous que chaque switch supporte IEEE 802.1Qav et que le SRP (Stream Reservation Protocol) est activé. Sur Dante, choisissez des switches avec un buffer Ethernet bas et activez le PTP‑aware que certains modèles offrent.
4. Implémentez la redondance dès le départ
Dante propose automatiquement un port secondaire sur chaque appareil ; configurez‑le pour former une boucle de secours. En cas de perte d’un câble, le trafic bascule sans que vous ayez à toucher à la console.
AVB, en revanche, mise sur la QoS du switch. La meilleure pratique est d’utiliser deux switches AVB en mode « stack », de façon à ce que le maître d’horloge ait toujours un chemin de secours. Si vous avez déjà des switches AVB certifiés, ajoutez‑leur un second lien d’alimentation redondant.
5. Testez en conditions réelles, pas seulement en laboratoire
Avant chaque répétition, lancez un test de latence round‑trip (RTL) avec le même nombre de canaux que le spectacle. Comparez le résultat à votre baseline : si vous voyez plus de 1 ms de variation sur Dante ou plus de 2 ms sur AVB, revoyez vos réservations SRP ou vos paramètres de hop.
Un bon moyen d’automatiser ce test, c’est d’utiliser le logiciel Dante Virtual Soundcard ou le utilitaire AVDECC fourni par le fabricant de vos appareils AVB. Vous n’avez pas besoin d’un PC dédié pendant le show ; une fois le preset exporté, il suffit de le charger.
6. Documentez chaque étape pour la prochaine tournée
Exportez vos presets Dante et sauvegardez la configuration SRP d’AVB dans le même répertoire que votre plan de scène. Chez Cinod, on recommande de placer ces fichiers dans un dossier « NetworkConfig » lié à chaque événement. Ainsi, quand vous passez d’un lieu à l’autre, vous avez tout sous la main.
Et si vous avez besoin de visualiser où chaque câble doit passer, pensez à créer une visite virtuelle 360° : vous pouvez superposer votre schéma réseau sur les photos du site et vérifier que la distance maximale de 100 m n’est jamais dépassée.
En résumé, voici le checklist rapide :
- Identifiez les flux critiques (latence < 2 ms) ; choisissez Dante pour eux.
- Réservez la bande passante des flux non critiques via AVB SRP.
- Placez le maître d’horloge sur un dispositif stable et dédié.
- Segmentez les VLAN audio‑critical et vidéo‑general.
- Activez la redondance (port secondaire Dante, stack AVB).
- Testez RTL avant chaque répétition et archivez les presets.
Vous hésitez encore ? Jetez un œil à la comparaison détaillée de Dante et AVB sur Sweetwater. Le guide résume les différences de latence, de capacité de canaux et de coûts, ce qui peut vous aider à valider votre choix final.
Et n’oubliez pas : chaque salle a son « sweet spot ». L’important, c’est de garder le réseau simple, documenté et testé, afin que le jour du spectacle vous puissiez vous concentrer sur la musique, pas sur les câbles.

Avantages et limites de chaque technologie
Imagine que tu branches deux amplis stéréo dans ta salle, l’un sous Dante, l’autre sous AVB. Si les horloges ne sont pas alignées, le son se décale, le spectateur ressent un « flou » entre le haut‑gauche et le haut‑droit. C’est exactement le problème que beaucoup de techniciens rencontrent quand ils oublient que la synchronisation ne dépend pas seulement du câble, mais du protocole qui transporte le signal.
Ce que Dante fait bien
Dante utilise le protocole PTPv1 pour désigner un maître d’horloge. En pratique, cela signifie que tous les appareils reçoivent le même repère temporel en quelques microsecondes. La latence typique se situe entre 150 µs et 1 ms, ce qui est presque imperceptible même pour les musiciens les plus exigeants.
En plus, Dante supporte jusqu’à 1 024 canaux sur un réseau Gigabit, donc tu peux faire passer tout le mix de la salle, les retours de scène et même les signaux d’enregistrement sans toucher à un seul câble analogique.
Un autre atout : la redondance native. Chaque appareil possède un port secondaire qui prend le relais automatiquement si le câble principal se coupe. Pour un tourne‑tour, c’est un vrai soulagement.
Ce que AVB apporte de différent
AVB mise sur le standard IEEE 802.1AS (gPTP) pour la synchronisation et réserve la bande passante grâce au Stream Reservation Protocol. Le résultat ? Une latence garantie de 2 ms en classe A, même quand le même switch transporte une vidéo 4K ou du trafic de contrôle d’éclairage.
La QoS stricte d’AVB empêche les paquets « best‑effort » de voler la place aux flux audio critiques. Du coup, même si ton réseau est saturé par des flux de billetterie ou de streaming, les amplis stéréo restent parfaitement synchronisés.
Le côté moins sexy ? AVB requiert des commutateurs certifiés, ce qui augmente le coût initial et limite le choix de matériel. Et contrairement à Dante, il n’y a pas de port secondaire automatique ; la redondance doit être pensée au niveau du réseau (stack de switches, liens doublés).
Quand la latence ultra‑faible compte vraiment
Si tu gères une salle où les musiciens utilisent le monitoring en temps réel, chaque microseconde compte. Un délai de 0,3 ms entre le déclencheur d’un sample et le retour casque peut faire la différence entre un solo fluide et une hésitation. Là, Dante est souvent le meilleur choix.
Mais si ta programmation inclut en même temps des projections vidéo 8 K, des écrans LED et du streaming live, la bande passante devient le facteur limitant. AVB assure que tes flux vidéo n’écrasent pas l’audio, ce qui évite les décrochages que l’on redoute tant.
Checklist rapide – Avantages vs limites
- Dante : latence sub‑milliseconde, redondance intégrée, très grande capacité de canaux, fonctionne avec n’importe quel switch Ethernet standard.
- AVB : latence garantie de 2 ms même sous charge, QoS qui protège les flux critiques, idéal pour les installations où audio et vidéo cohabitent.
- Limites Dante : aucune réservation native de bande passante ; un trafic réseau non‑prioritaire peut augmenter le jitter.
- Limites AVB : nécessite du matériel certifié (switches 802.1Qav), coût d’infrastructure plus élevé, adoption moindre dans le monde live.
En pratique, beaucoup de nos clients optent pour une architecture hybride : les retours de scène et les déclencheurs MIDI sur Dante, le reste du trafic (vidéo, contrôle d’éclairage, données de billetterie) sur AVB. Cette approche combine la latence ultra‑faible de Dante avec la robustesse de la QoS d’AVB.
Si tu veux creuser davantage les différences techniques entre ces deux protocoles, le guide de Tecnare sur les protocoles audio‑over‑IP offre un tableau comparatif très complet.
Finalement, le « meilleur » choix dépend de ton contexte : quels flux sont critiques, quel budget tu as pour le réseau, et si ton équipe est prête à gérer la configuration AVB. Pose‑toi la question : est‑ce que la synchronisation des horloges de tes amplis stéréo est déjà un point de friction ? Si oui, regarde d’abord du côté de Dante, sinon pense à AVB pour sécuriser la bande passante quand l’audio partage le réseau avec la vidéo.
FAQ
Quelle est la principale différence de latence entre Dante et AVB ?
Dante offre une latence typique de 150 µs à 1 ms, ce qui se traduit par une réponse quasi instantanée pour les musiciens sur scène. AVB, quant à lui, garantit 2 ms en classe A et 50 ms en classe B grâce à son mécanisme de réservation de bande passante. En pratique, la différence se remarque surtout quand le réseau transporte aussi de la vidéo ; Dante reste plus rapide, mais AVB assure une latence stable même sous charge.
Est‑ce que Dante fonctionne sur n’importe quel switch Ethernet ?
Oui, Dante peut rouler sur des switches standards, à condition qu’ils supportent le PTP (Precision Time Protocol) et offrent un faible tampon Ethernet. Cela signifie que vous n’avez pas besoin d’équipements spécialisés, ce qui réduit les coûts d’infrastructure. Toutefois, pour des installations très critiques, on recommande des switches « PTP‑aware » afin d’éviter les sauts de timing qui pourraient augmenter le jitter.
Comment la réservation de bande passante d’AVB protège‑elle l’audio lorsqu’on ajoute de la vidéo 4K ?
AVB utilise le Stream Reservation Protocol (SRP) pour réserver une partie du débit réseau exclusivement aux flux audio critiques. Même si vous injectez un flux vidéo 4K qui consomme plusieurs gigabits, les paquets audio réservés passent en priorité et ne sont jamais mis en file d’attente derrière le trafic vidéo. Le résultat : votre mix reste stable, sans glitches, même pendant les moments les plus gourmands en bande passante.
Peut‑on combiner Dante et AVB dans une même salle de spectacle ?
Absolument. De nombreux techniciens adoptent une architecture hybride : les retours de scène, les déclencheurs MIDI et les micros‑instruments passent par Dante pour profiter de sa latence ultra‑faible, tandis que les flux vidéo, les contrôles d’éclairage et les données de billetterie utilisent AVB pour bénéficier de la réservation de bande passante. Il suffit de séparer les VLAN : un VLAN « audio‑critical » pour Dante et un VLAN « media » pour AVB, puis de placer le maître d’horloge sur le switch de cœur.
Quel protocole est le plus adapté aux retours de scène en monitoring ?
Pour le monitoring, chaque milliseconde compte : les musiciens ressentent immédiatement tout décalage. Dante est généralement le choix privilégié grâce à sa latence sous 1 ms et à la redondance native du port secondaire. Si votre réseau est déjà équipé de switches AVB certifiés et que vous avez besoin d’une garantie de service sous charge, vous pouvez aussi placer les retours en classe A AVB, mais cela implique un investissement matériel plus important.
Comment garantir la redondance du réseau audio lors d’un live ?
Avec Dante, chaque appareil possède un port Ethernet secondaire qui se met automatiquement en marche si le principal tombe. Il suffit de créer une boucle réseau ou un deuxième lien vers le switch de cœur. Pour AVB, la redondance se construit au niveau du switch : on stacke deux switches compatibles 802.1Qav et on active le spanning‑tree. Ainsi, même si un lien se rompt, le trafic reprend immédiatement sur le chemin de secours.
Quelles sont les meilleures pratiques pour mesurer la latence avant un spectacle ?
Commencez par un click‑track : déclenchez un son depuis la console et mesurez le temps jusqu’au retour casque. Utilisez le logiciel Dante Virtual Soundcard ou l’utilitaire AVDECC pour lancer un test round‑trip (RTL) avec le même nombre de canaux que le show. Notez la valeur moyenne et la variation ; si le jitter dépasse 0,2 ms sur Dante ou 2 ms sur AVB, revoyez vos réservations SRP ou vos paramètres de buffer. Documentez les résultats dans votre plan de scène pour pouvoir les comparer d’une tournée à l’autre.
Conclusion
Après tout ce tour d’horizon, la question qui revient le plus souvent est : « dante vs avb, quel choix me simplifiera la vie ? »
Si tu cherches la latence la plus fine, surtout pour les retours de scène ou les déclencheurs MIDI, Dante reste imbattable avec ses 150 µs à 1 ms. Mais rappelle-toi que sans réservation de bande passante, un flux vidéo ou de billetterie peut rapidement faire grimper le jitter.
En revanche, AVB te garantit 2 ms en classe A, même quand le réseau est saturé par de la 4 K ou du streaming. La QoS stricte protège tes signaux audio critiques, ce qui est un vrai plus dans les salles où le son partage le même câble avec la vidéo.
Ce que tu peux retenir maintenant
- Identifie les flux qui ne tolèrent aucun décalage ; place‑les sur Dante.
- Réserve la bande passante des flux moins critiques avec AVB pour éviter les conflits.
- Implémente une topologie VLAN séparée et un maître d’horloge stable ; c’est la base de la fiabilité.
- Teste toujours en condition réelle avant chaque répétition, même si tu penses que tout est « configuré ».
En pratique, beaucoup de nos clients combinent les deux protocoles : Dante pour le monitoring, AVB pour la vidéo et les données de contrôle. Cette approche hybride te donne le meilleur des deux mondes sans sacrifier la stabilité.
Alors, quelle sera ta prochaine étape ? Fais un petit audit de ton réseau, note les flux critiques, et décide où chaque protocole doit intervenir. Et si tu veux visualiser ton câblage avant de toucher aux prises, notre plateforme te permet de créer une visite 360° du site en quelques clics.
Finalement, n’oublie pas : le succès d’un show dépend plus de la clarté de ta planification que de la technologie la plus chère. Un réseau bien documenté et testé, c’est la garantie que tu pourras te concentrer sur la musique, pas sur les câbles.