Cinod

Plateforme en ligne conçue pour répondre aux besoins de communications des professionnels du spectacle vivant et de l’événementiel

Vous avez déjà vécu ce moment où, en plein solo, le micro commence à grésiller et vous vous demandez si c’est le câble ou un signal qui vient de la salle voisine. Ce petit cauchemar, c’est le symptôme typique d’un conflit de fréquences sans fil, et croyez‑moi, ça arrive plus souvent qu’on ne le croit.

Imaginez un festival où plusieurs équipes de sonorisation utilisent leurs propres systèmes sans fil. Sans un plan clair, les canaux se chevauchent, les retours deviennent du bruit blanc et la performance en pâtit. Dans notre expérience chez Cinod, on a vu des techniciens passer des heures à ré‑assigner des canaux à la dernière minute, simplement parce qu’ils n’avaient pas anticipé la densité spectrale du lieu.

Voici comment on peut éviter ce scénario : commencez par cartographier le spectre disponible dans la salle. Utilisez un analyseur de spectre portable pour repérer les fréquences déjà occupées (Wi‑Fi, systèmes de communication, etc.). Ensuite, choisissez des canaux qui offrent au moins 12 MHz d’écart entre chaque micro – c’est la règle d’or pour limiter les interférences.

Une fois les canaux définis, consignez‑les dans votre stage plot efficace. Un stage plot bien structuré indique non seulement où chaque micro est placé, mais aussi la fréquence attribuée. Ainsi, chaque technicien, chaque ingénieur son, sait exactement quel équipement doit être utilisé, sans surprise le jour J.

En pratique, voici trois étapes simples à appliquer dès votre prochaine répétition :

  • Scannez le spectre : lancez l’analyseur 30 minutes avant le soundcheck et notez les pics d’interférence.
  • Attribuez les fréquences : réservez les canaux les plus propres à vos micros critiques (chant, instruments solistes).
  • Vérifiez la cohérence : faites un test de marche à vide de chaque micro pour confirmer l’absence de chevauchement.

Et n’oubliez pas la santé auditive : même avec des fréquences bien gérées, les niveaux sonores peuvent être élevés. Un bon moyen de protéger vos oreilles, surtout après de longues sessions, c’est d’utiliser des earplugs haute fidélité qui laissent passer la clarté du son tout en atténuant les pics dangereux.

En suivant ces conseils, vous transformerez le chaos des ondes en une scène fluide où chaque micro fonctionne comme il se doit, et où vous pouvez vraiment vous concentrer sur la musique.

TL;DR

Pour éviter les grésillements et les interférences, suivez notre guide pratique : analysez le spectre, choisissez des canaux espacés d’au moins 12 MHz, consignez‑les dans votre stage plot et testez chaque micro avant le soundcheck. Vous maîtriserez ainsi comment gérer les fréquences micro sans fil en concert, garantissant une performance fluide et sans accroc.

Étape 1 : Analyser les besoins en fréquences pour votre concert

Vous avez déjà senti ce petit grésillement qui fait sursauter tout le monde, juste avant le refrain ? C’est le signal qui vous dit que les ondes sont en surcharge et que vos micros se font la guerre. Avant même de toucher le câble, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans le spectre de la salle.

La première question à se poser : quels appareils sont déjà actifs dans la zone ? Entre le Wi‑Fi du staff, les talkies‑walkies des équipes de sécurité et les systèmes d’éclairage qui utilisent parfois du RF, il y a de quoi créer du chaos. En gros, vous devez cartographier le paysage radio comme on tracerait les repères d’une visite virtuelle 360°.

1. Lancez l’analyseur de spectre 30 minutes avant le soundcheck

Placez l’appareil à hauteur du console, lancez la capture et notez chaque pic qui dépasse le bruit de fond. Ce n’est pas sorcier ; même un smartphone avec une appli dédiée suffit pour repérer les bandes occupées. Vous verrez rapidement où le Wi‑Fi du bâtiment s’installe (généralement 2,4 GHz) et où les systèmes de communication du personnel se nichent (souvent 5,8 GHz).

Astuce : créez un petit tableau à deux colonnes – fréquence et source suspectée – et cochez chaque ligne dès que vous entendez un crépitement. Ça donne une vue claire et vous évite de revenir en arrière plus tard.

2. Déterminez vos besoins en canaux

Combien de micros sans fil allez‑vous utiliser ? Chacun d’eux a besoin d’un canal propre, avec au moins 12 MHz d’écart pour éviter les interférences. Si vous avez cinq micros vocaux, prévoyez au moins cinq canaux espacés, et ajoutez une marge de sécurité pour les micros instruments ou les retours d’écoute.

Dans notre expérience, on commence par réserver les canaux les plus bas dans la bande UHF (500‑600 MHz) parce qu’ils sont souvent moins encombrés dans les salles européennes. Mais chaque lieu est différent ; parfois les systèmes de lumière occupent déjà cette partie du spectre, et il faut basculer vers la bande 700‑800 MHz.

Un bon moyen de visualiser tout ça, c’est d’inscrire les fréquences directement dans votre stage plot. Vous avez alors une carte qui montre où chaque micro se situe sur scène ET quelle fréquence il utilise. Tout le monde – ingénieur son, technicien lumière, régisseur – peut s’y référer en un clin d’œil.

3. Vérifiez la compatibilité avec les équipements lumineux

Les projecteurs LED modernes peuvent parfois émettre des ondes dans les mêmes bandes que vos micros. Avant de finaliser vos canaux, demandez à l’équipe lumière quels modèles ils utilisent. Si vous avez des fixtures qui fonctionnent en 2,4 GHz, pensez à les placer hors de portée des antennes des micros ou à choisir des canaux plus hauts.

En cas de doute, faites un test rapide : allumez le système d’éclairage, puis activez chaque micro un à un. Si vous entendez des crépitements, décalez le canal ou changez la fréquence du projecteur. Cette petite étape évite des heures de réglages pendant le soundcheck.

Et si vous avez besoin d’un œil extérieur pour valider vos choix, jetez un œil à des experts en éclairage comme Led Artistry. Ils publient souvent des guides sur la cohabitation RF lumière‑son.

Une fois le tableau finalisé, partagez‑le avec toute l’équipe via votre plateforme de gestion de salle. Tout le monde pourra le consulter depuis un smartphone, même pendant la répétition.

Le visuel ci‑dessus montre un exemple de scan de spectre en temps réel, avec les pics colorés qui correspondent à chaque source. Regardez comment les fréquences libres sont repérées et comment on les attribue aux micros.

Après avoir verrouillé vos canaux, la prochaine étape consiste à tester chaque micro à vide, juste pour s’assurer que le signal reste propre du début à la fin du set.

Enfin, pensez à protéger vos oreilles : même avec des fréquences bien gérées, le niveau sonore peut être élevé. Des embouts de protection comme ceux de Sleepmaxx sont une petite dépense qui fait une grande différence sur le long terme.

En suivant ces trois points – scan du spectre, planification des canaux, validation avec l’éclairage – vous transformerez le chaos des ondes en une scène fluide où chaque micro fonctionne comme il se doit.

A detailed illustration of a concert stage with wireless microphones, spectrum analyzer readouts, and highlighted frequency bands. Alt: Analyse des besoins en fréquences pour un concert, diagramme de spectre et placement des micros.

Étape 2 : Choisir le bon système sans fil et les fréquences autorisées

Vous avez déjà vu le micro sauter comme un lapin dès qu’un projecteur se met en marche ? Ce n’est pas de la magie, c’est le résultat d’un système qui n’est pas adapté à la bande de fréquences autorisée dans la salle.

Alors, comment choisir le bon système sans fil et rester dans les cadres légaux ? On y va, point par point.

Comprendre le spectre autorisé en France

Avant même de toucher à un émetteur, il faut savoir quelles plages de fréquences sont réservées aux usages professionnels et quelles sont déjà occupées par le Wi‑Fi, les réseaux de sécurité ou les systèmes de communication interne. L’réglementation des fréquences en France précise les bandes UHF (470‑862 MHz) et VHF (174‑230 MHz) autorisées pour les micros sans fil, ainsi que les exigences d’espacement.

En pratique, votre analyseur de spectre portable vous indique les pics à éviter. Notez chaque canal qui dépasse -70 dBm, puis tracez un diagramme simple sur votre cahier ou votre tablette.

Choisir le système qui correspond à votre besoin

Il existe trois grandes familles : les systèmes analogiques, les numériques à 2,4 GHz et les numériques à 5,8 GHz. Chaque famille a ses avantages et ses contraintes.

Les analogiques sont simples, mais très sensibles aux interférences en zones urbaines très saturées. Les numériques en 2,4 GHz profitent du spectre Wi‑Fi, mais partagent la même bande ; si votre salle utilise déjà plusieurs points d’accès, vous risquez de vous retrouver avec du bruit. Les numériques en 5,8 GHz offrent plus d’espace libre, mais leurs ondes pénètrent moins bien les murs et les structures métalliques.

Pour un concert en salle moyenne (500‑800 places) où le Wi‑Fi est déjà présent, la plupart des techniciens préfèrent le 5,8 GHz, à condition d’avoir assez de puissance de sortie pour couvrir la zone.

Vérifier les exigences d’espacement

La règle d’or : au moins 12 MHz entre chaque canal. Mais ce n’est pas tout : il faut aussi tenir compte de la largeur de bande du système (parfois 4 MHz, parfois 20 MHz). Si votre micro utilise 20 MHz, vous avez besoin de 20 MHz de marge de chaque côté.

Une astuce que l’on utilise souvent : créez un tableau où chaque ligne représente un poste (chant, percussions, talk‑back) et chaque colonne indique le canal choisi, la fréquence exacte et la marge de sécurité. Cela vous permet de visualiser immédiatement les conflits.

Tester en conditions réelles

Avant le soundcheck, branchez chaque micro et lancez un test de marche à vide. Faites tourner un métronome ou une boucle d’accompagnement, puis écoutez le retour dans les casques de monitoring. Si vous entendez des crépitements, changez de canal immédiatement et notez le nouveau choix dans votre tableau.

Et si vous devez déplacer un micro pendant le spectacle ? Re‑attribuez‑le au canal le plus éloigné du nouveau pic, même si cela signifie sacrifier un petit peu d’espace sur votre plan initial. Mieux vaut une petite perte de marge que des grésillements en plein solo.

Ce court clip montre comment faire un quick‑scan du spectre avec un analyseur portable, puis comment choisir les canaux les plus propres. Gardez‑le sous la main comme rappel visuel pendant vos répétitions.

Intégrer le plan dans votre workflow

Une fois que chaque fréquence est validée, exportez votre tableau en PDF et ajoutez‑le à votre stage plot. Si vous utilisez la plateforme Cinod, vous pouvez directement glisser‑déposer le PDF dans le module de plan de scène, ce qui évite les aller‑retours par email.

En partageant ce document avec le responsable lumière, le régisseur et le technicien son, vous vous assurez que tout le monde travaille avec les mêmes informations. Ainsi, même si le chef de l’équipe change la veille, le plan reste clair et les interférences sont évitées.

En résumé, choisir le bon système sans fil, c’est d’abord connaître les bandes autorisées, ensuite sélectionner la technologie qui correspond à votre environnement, et enfin respecter les espacements requis. Avec ces étapes, vous transformez le chaos des ondes en une scène stable où chaque micro chante sans accroc.

Étape 3 : Configurer et scanner les fréquences (vidéo explicative)

Vous avez déjà passé des minutes à bricoler des réglages au hasard, juste pour entendre un léger grésillement qui vous fait grimacer pendant le solo ? On a tous connu ce moment où le micro devient le méchant de la soirée. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut transformer ce chaos en routine fiable, à condition de suivre un petit plan en trois temps : préparer le matériel, paramétrer chaque émetteur, puis scanner le spectre une bonne fois pour toutes.

Première étape : sortez votre analyseur de spectre portable (ou l’app Cinod si vous avez déjà fait une visite 360° de la salle). Allumez‑le 30 minutes avant le soundcheck, choisissez le mode « scan complet », et lancez une capture de 5 minutes pendant que la salle est vide. Vous allez repérer des pics qui dépassent –70 dBm ; ce sont généralement des réseaux Wi‑Fi, des talk‑back ou même le projecteur laser du rig. Notez chaque fréquence occupée dans un carnet ou, mieux encore, directement dans votre tableau numérique.

Ensuite, passez aux réglages des micros. Pour chaque émetteur, ouvrez le menu de configuration et choisissez un canal qui se trouve au moins 12 MHz à gauche ou à droite du pic le plus proche. Si votre système utilise une bande de 20 MHz, pensez à laisser 20 MHz de marge de chaque côté ; cela évite les interférences « à la marge » quand le niveau du signal monte pendant le chant fort. Un petit conseil d’expert : commencez toujours par les micros les plus critiques (voix principale, batterie) et réservez‑leur les canaux les plus propres.

Une fois les canaux sélectionnés, il faut les valider. Branchez chaque micro, activez le mode « test », et faites jouer une boucle d’accompagnement à faible volume. Écoutez le retour dans vos écouteurs de monitoring : si vous entendez un clic ou un bourdonnement, notez le canal et revenez immédiatement à l’analyseur pour vérifier s’il y a un nouveau pic qui n’était pas visible au premier scan. Parfois, un appareil démarre automatiquement (un projecteur, un système de climatisation) et crée un nouveau pic juste avant le spectacle.

Après avoir confirmé qu’aucune interférence n’apparaît, exportez votre tableau au format PDF et intégrez‑le dans le plan de scène. C’est là qu’une Comment créer un plan de scène efficace pour vos productions devient indispensable : vous pouvez glisser‑déposer le PDF directement dans le module de LightStagePlot, le partager avec le régisseur lumière et le technicien son, et tout le monde travaille à partir du même repère visuel. Cette étape élimine les allers‑retours de dernière minute et garantit que, même si un technicien change la veille, le plan reste cohérent.

Petite astuce supplémentaire : créez une colonne « validation » dans votre tableau où vous cochez chaque micro après le test à vide. Si vous devez ré‑attribuer un micro en plein spectacle (par exemple, un chanteur qui change de position), il suffit de regarder la colonne, choisir le canal le plus éloigné du nouveau pic, et cocher de nouveau. Ce petit système de suivi vous évite de repartir de zéro chaque fois que le décor bouge.

Enfin, pensez à documenter les résultats de votre scan dans le journal de la salle. Notez la date, le type d’événement, la configuration des canaux, et les éventuels problèmes rencontrés. Ces archives deviennent une vraie mine d’or : la prochaine fois que vous reviendrez dans le même lieu, vous avez déjà une base de fréquences testées, ce qui réduit le temps de préparation de moitié.

En résumé, configurer et scanner les fréquences, c’est un processus en trois passes : capture du spectre, affectation des canaux avec marge de sécurité, et validation en conditions réelles. En suivant ces étapes, vous passez d’une soirée de grésillements à une performance fluide où chaque micro chante comme prévu. Et si vous avez encore le moindre doute, répétez le scan une fois de plus — une petite minute de temps supplémentaire vaut bien l’assurance d’un son impeccable tout le soir.

Étape 4 : Optimiser le placement des émetteurs et récepteurs

Imagine que tu installes ton système sans fil, et que, quelques minutes plus tard, le chanteur commence à grésiller comme une vieille radio. Ce n’est jamais agréable, n’est‑ce pas ? La plupart du temps, le problème vient d’un placement qui n’a pas été pensé à l’avance.

Alors, comment éviter ce scénario ? En suivant quelques gestes simples, tu vas transformer ton espace en une zone de réception propre, même dans les salles les plus bondées.

Choisir le bon point d’ancrage pour les antennes

Le premier réflexe, c’est de placer les antennes le plus près possible de la zone où les micros seront utilisés. Plus la distance entre l’émetteur et le récepteur est courte, moins le signal subit d’interférences.

Si tu ne peux pas installer les antennes directement au-dessus de la scène, cherche un point élevé mais dégagé : une poutre métallique, un truss, ou même un crochet mural solide. Évite les structures en verre ou en bois épais qui absorbent les ondes.

Et si tu dois partager un truss avec des éclairages ? Pense à laisser au moins 30 cm de séparation entre chaque dispositif pour réduire les réflexions.

Utiliser un répartiteur d’antennes

Quand plusieurs systèmes sans fil cohabitent, un répartiteur d’antennes devient indispensable. Il garantit que chaque récepteur reçoit le même signal et empêche le phénomène du « câble » qui crée des crépitements.

Le guide de dépannage Shure recommande de raccorder les antennes directement au répartiteur, puis de placer le répartiteur à l’écart des sources de bruit électrique (régulateurs, écrans, etc.).

En pratique, branche chaque antenne au même port du répartiteur, puis connecte le répartiteur à un seul câble d’alimentation au rack. Ça semble simple, mais ça évite des heures de lutte avec des interférences invisibles.

Vérifier la ligne de vue et les obstacles

Les ondes RF aiment les chemins directs. Un simple corps humain ou un grand écran peut suffire à affaiblir le signal. Avant le son‑check, fais le tour de la scène avec le micro allumé et regarde si tu perçois des zones d’ombre.

Si tu repères un point où le son devient instable, ré‑ajuste l’antenne d’un pas ou deux. Parfois, un petit déplacement de 15 cm suffit à récupérer un signal clair.

Un autre piège fréquent : les objets métalliques comme les casques de sécurité ou les barres de rideaux. Si possible, éloigne‑les du trajet entre l’émetteur et le récepteur.

Faire un test de marche à vide après chaque ajustement

Après chaque changement de placement, lance un test de marche à vide. Active le micro, joue un métronome ou un morceau d’accompagnement, et écoute le retour dans tes écouteurs de monitoring.

Si tu entends le moindre crépitement, note le canal et utilise la fonction SCAN de ton système pour vérifier qu’il n’y a pas d’interférence extérieure (documentation technique de Shure le décrit en détail).

Ce petit rituel te permet d’isoler le problème avant que les artistes ne montent sur scène. Et si tout est propre, tu peux cocher la case « validation » dans ton tableau de suivi et passer à la prochaine configuration.

Tableau de décision rapide

Emplacement proposé Avantages Précautions à retenir
Au-dessus du front de scène (truss) Signal direct, distance minimale Éviter les éclairages à forte puissance à proximité
Sur un mur latéral à 2 m du sol Facile d’accès, moins d’encombrement Vérifier la ligne de vue, ne pas bloquer par des décors
Antennes à distance avec répartiteur central Bonne couverture sur grande salle Utiliser des câbles de bonne qualité, éviter les boucles de terre

En suivant ces étapes, tu transformes le placement des émetteurs et récepteurs d’un casse‑tête en une routine fiable. Tu te retrouves à préparer tes concerts avec confiance, sachant que le signal restera stable même si la salle se remplit de 800 spectateurs.

Alors, prêt à tester ces astuces lors de ton prochain soundcheck ? Tu verras, le silence du grésillement ne reviendra plus, et le public pourra profiter d’un son cristallin du début à la fin.

Étape 5 : Tester et ajuster en temps réel

On a passé des heures à cartographier le spectre, à choisir les bons canaux et à placer les antennes. Mais rien ne vaut le moment où le premier micro s’allume pendant le soundcheck et que tu écoutes le retour. C’est là que le vrai test commence, et c’est exactement ce qu’on va détailler ici.

1️⃣ Lancer le test à vide, pas à plein volume

Avant que les musiciens n’arrivent, active chaque émetteur en mode « test ». Fais jouer une boucle d’accompagnement à volume moyen et écoute le signal dans tes écouteurs de monitoring. Si tu entends le moindre crépitement, note le canal, la fréquence et la position de l’antenne.

Pourquoi à vide ? Parce que le niveau sonore élevé masque souvent les interférences subtiles. En testant à faible volume, tu détectes les parasites que le public ne remarquerait jamais, mais qui peuvent devenir catastrophiques quand le chant s’élève.

2️⃣ Utiliser le mode « SCAN » en temps réel

La plupart des systèmes modernes offrent une fonction SCAN qui montre, en temps réel, les pics d’interférence autour du canal actif. Pendant que le micro tourne, garde un œil sur la barre de signal et sur les éventuels pics qui surgissent.

Astuce pratique : si le pic dépasse -65 dBm, change immédiatement de canal et re‑teste. Une règle que nous appliquons chez Cinod : ne jamais accepter un pic supérieur à -70 dBm dans un environnement de concert.

3️⃣ Vérifier la ligne de vue avec un « walk‑test »

Marche autour de la scène avec le micro allumé, comme si tu étais le chanteur qui se déplace. Observe les zones où le son devient instable, parfois juste derrière un écran LED ou un col de scène.

Dans un festival récent de 1 200 places, un technicien a remarqué qu’un simple poteau de réglage de lumière bloquait la ligne de vue entre l’émetteur et le récepteur quand le batteur se déplaçait vers le côté gauche. En ré‑orientant l’antenne de 20°, les coupures ont disparu.

4️⃣ Ajuster les niveaux d’émission

Parfois, le problème ne vient pas du canal mais de la puissance d’émission. Si le signal est trop fort, il peut saturer le récepteur et créer du bruit. Diminue le gain de l’émetteur de 2‑3 dB et refais le test à vide. Tu verras souvent une amélioration nette.

Un exemple concret : lors d’un concert de jazz dans une salle de 300 places, nous avions initialement réglé les micros à +10 dB pour couvrir la profondeur de la salle. Le son était clair, mais dès que le saxophoniste s’élevait, le micro grinçait. En baissant à +4 dB, le signal est resté propre et le niveau était suffisant pour le public.

5️⃣ Créer un tableau de suivi en temps réel

Sur ton tablet ou ton laptop, ouvre un petit tableur avec trois colonnes : « Micro », « Canal testé », « Statut ». Dès que tu valides un micro, coche la case. Si tu dois revenir en arrière, le tableau te montre exactement où tu en es.

Ce tableau devient ton « carnet de bord » pendant le show. Si un micro tombe en panne, tu peux rapidement identifier le canal libre le plus proche et le reprogrammer sans perdre de temps.

6️⃣ Gestion des imprévus pendant le spectacle

Le live est imprévisible : un projecteur qui démarre tard, un dispositif Wi‑Fi qui se connecte, ou même un drone de lumière qui passe à proximité. Avoir un « plan B » signifie garder deux canaux de repli prêts, avec au moins 12 MHz d’écart, et les tester rapidement en mode mute.

Dans un show de rock, le technicien a dû déplacer le chanteur sur un autre côté de la scène à la mi‑concert. En moins de 30 secondes, il a basculé le micro sur le canal de secours pré‑préparé, évitant ainsi un arrêt brutal.

En résumé, le test en temps réel, c’est un mélange de rigueur (scan, gain, tableau) et de flexibilité (walk‑test, canaux de secours). Si tu suis ces étapes, tu transformes le risque d’interférence en un simple détail technique que tu contrôles.

Et maintenant, prends ton analyseur, ouvre ton tableau de suivi, et commence le test à vide. Tu verras, le sentiment de confiance que tu ressens quand tout fonctionne parfaitement vaut chaque minute investie.

A sound engineer walking the stage with a wireless microphone, checking signal strength on a handheld spectrum analyzer. Alt: tester fréquence micro sans fil en concert.

FAQ

Comment choisir les meilleures fréquences pour éviter les interférences ?

Commence toujours par un scan complet du spectre 30 minutes avant le soundcheck. Note chaque pic qui dépasse -70 dBm, puis réserve des canaux qui se situent au moins 12 MHz de chaque côté du pic le plus proche. Priorise les micros critiques (chant principal, batterie) en leur attribuant les canaux les plus propres. Un petit tableau Excel ou Google Sheet suffit pour visualiser rapidement les espaces libres.

Que faire si je détecte un pic d’interférence pendant le soundcheck ?

Arrête immédiatement le test, passe au canal de secours que tu as déjà programmé et note le nouveau pic. Analyse si le pic provient d’un appareil qui s’allume (projecteur, climatisation) et, si possible, désactive‑le ou déplace‑lui l’antenne. En règle générale, ne tolère aucun pic au-dessus de -65 dBm ; si le signal reste au‑delà, change de fréquence et re‑teste.

Combien de canaux de secours devrais‑je préparer ?

Au minimum deux canaux de repli, espacés chacun d’au moins 12 MHz. Cela te permet d’intervenir en moins de cinq secondes si le chanteur change de place ou si un appareil inattendu crée du bruit. Garde ces canaux dans ta « liste B » et coche‑les dans ton tableau dès que tu confirmes qu’ils sont propres.

Comment vérifier que le placement des antennes est optimal ?

Fais un « walk‑test » : parcours la scène avec le micro allumé et écoute le retour dans tes écouteurs. Repère les zones où le signal chute, souvent derrière un écran ou un support métallique. Ajuste alors l’antenne de quelques centimètres ou change d’attache (truss vs mur). Un petit déplacement de 10‑15 cm résout souvent les coupures les plus gênantes.

Est‑il nécessaire d’utiliser un analyseur de spectre portable ou l’app Cinod suffit‑elle ?

Les deux fonctionnent, mais l’analyseur portable donne une lecture instantanée et plus précise des pics hors‑bande. L’app Cinod, grâce à la visite 360°, te montre déjà les zones RF occupées dans la salle et te permet de consigner tes mesures directement sur le plan. En pratique, combine les deux : scanner avec l’app, confirmer les valeurs critiques avec l’analyseur.

Que faire lorsqu’un artiste change de position en plein spectacle ?

Garde ton tableau de suivi à portée de main et passe immédiatement au canal de secours que tu as pré‑assigné. Si le nouveau point d’émission est plus proche d’un autre pic, sélectionne le canal le plus éloigné, même si cela signifie sacrifier un peu d’espace sur ton plan initial. La clé, c’est la rapidité : le test à vide en mode mute doit durer moins de trois secondes.

Comment documenter les fréquences pour les prochains spectacles ?

Exportes ton tableau de correspondance fréquence‑poste au format PDF et ajoute‑le à ton stage plot. Note la date, le nom de la salle, les pics détectés et les canaux de secours utilisés. Cette archive devient ton « journal RF » : la prochaine fois que tu reviennes dans le même lieu, tu peux repartir d’une base déjà testée et gagner une bonne demi‑heure de préparation.

Conclusion

Après toutes ces étapes, gérer les fréquences micro sans fil en concert devient moins une corvée et plus un jeu d’observation. Vous avez déjà cartographié le spectre, attribué les canaux, testé et documenté ; il ne reste plus qu’à garder ce plan à portée de main le jour J.

Alors, que faire quand l’imprévu surgit ? Gardez toujours deux canaux de secours prêts, à plus de 12 MHz du pic le plus proche, et notez‑les dans votre tableau de suivi. Un petit « walk‑test » de dernière minute peut révéler un obstacle inattendu, comme un projecteur qui s’allume juste avant le premier morceau.

Dans notre expérience, les techniciens qui intègrent le journal RF dans le stage plot gagnent souvent 15 à 30 minutes de temps de soundcheck. Vous pouvez même réutiliser ce même fichier pour le prochain spectacle dans la même salle, ce qui évite de repartir de zéro.

Vous vous demandez comment garder tout ça simple ? Pensez à automatiser la collecte des données avec l’app Cinod ; elle vous permet de consigner chaque mesure directement sur le plan 360°, et de partager le PDF avec toute l’équipe en un clic.

En résumé, la clé, c’est la préparation méticuleuse, le suivi en temps réel et la documentation partagée. Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour que vos micros chantent sans accroc, du premier accord au dernier bis.